Les photographies sont sous la direction des frères Annese et de Federica Mancini

LA STRUCTURE DU TRULLO

Le trullo est entièrement construit en pierre calcaire locale, présente en grande quantité dans les terrains ou facilement extraite des carrières. Dans les plus anciennes constructions, les murs épais portants, pas très hauts, sont bâtis avec des pierres non taillées, placées grossièrement et sans aucun liant.

Dans les bâtiments les plus récents, les pierres utilisées sont, au contraire, taillées, régulières et bien disposées. Ces murs sont la base de la toiture du trullo, formée par des cercles en pierre concentriques. Sur chaque cercle se pose le cercle supérieur, de plus petit diamètre. Si le plan du trullo est circulaire, le premier cercle correspondra au périmètre du mur. Les solutions adoptées sont plus complexes quand la couverture se pose sur une carrée ou rectangulaire. Dans les structures moins évoluées techniquement, les assises les plus basses ont une forme carrée, mais elles présentent des arêtes progressivement plus arrondies jusqu’à prendre, dans les assises les plus hautes, une forme circulaire. Une autre solution prévoit de poser sur les quatre coins de la base des pierres tronco-pyramidales, ou des pierres plates. Ainsi, les assises de la couverture, en s’appuyant sur elles, peuvent directement prendre la forme circulaire. Intérieurement, la voute est lisse et sans saillies. Tout l’ intérieur est blanchi à la chaux. .

La couverture externe est la seule partie qui est exposée aux intempéries et à cause de la typologie de la pierre, devient grise. Elle est formée de plaques calcaires, dites chiancarelle ou chiancole ou chianche, de forme allongée et épaisseur variable. Elles sont posées sans l’utilisation d’aucun liant. Elles sont superposées avec une inclinaison vers l’extérieur, afin de favoriser l’écoulement des eaux de pluie. L’eau de pluie, qui coule le long des gouttières en pierres placées à la base des toits, dans les structures les plus élaborées et moins anciennes, est généralement canalisée vers une citerne souterraine.
Sur le sommet du trullo se trouve un pinacle qui bloque les dernières assises.
Chaque habitation a un seul accès sur la rue, dont la structure et les caractéristiques différent selon son ancienneté. Les entrées des trulli les plus anciens sont caractérisées par une architrave en pierre ou en bois, par une pseudo-architrave o par une architrave en pierre et un arc de décharge. Au niveau des entrées la toiture est souvent modifiée et elle est formée par deux pans de toit en pente.
Les espaces d’entrée, devenus quelques fois de véritables vestibules avec arc en plein cintre, ont souvent des bancs en pierre que les femmes utilisaient pour effectuer le menus travaux ménagers.
Les fenêtres, de forme carrée, ont des dimensions réduites et sont peu nombreuses.
Autre élément caractérisant l’architecture type du trullo sont les cheminées, de toutes formes. La plus ancienne est un parallélépipède carré surmonté par une plaque en pierre.

LE TRULLO, LES PIECES

L’habitant du trullo organisait les pièces et modifiait la structure selon ses propres exigences. Si le nombre de membres de la famille augmentait, on édifiait une autre pièce, en la rattachant à la construction la plus ancienne. La structure du trullo est, en effet, toujours “modulaire”, c’est à dire qu’elle permet le rattachement de nouvelles pièces au noyau de départ. Quand cela n’était pas possible, la solution était d’abattre toute l’habitation, devenue petite et peu fonctionnelle, afin d’en construire une plus grande.
Généralement, les pièces utilisées comme étables, dépôts et bergeries, construites de la même façon, étaient séparées du noyau d’habitation.
La véritable habitation, pavée de pierre calcaire, présente une pièce centrale avec une porte d’entrée. Souvent, à cause du peu de place, le volume du cône était utilisé comme mezzanine en bois, espace auquel on accédait par une échelle. Il était utilisé soit comme dépôt pour les outils agricoles et les vivres soit comme chambre à coucher pour les enfants. Au rez-de-chaussée il y avait deux espaces aux fonctions bien définies: les alcove et les focarili. Les alcove, dont le nombre variait selon la composition de la famille, sont des grandes niches dédiées au repos, sans fenêtres ni portes. Souvent on y accède à travers un arc et elles présentent une voute en berceau. À l’extérieur, l’alcova présente une couverture englobée partiellement dans le corps du trullo. Les focarili, pièces aux dimensions variables, désormais très rares, sont une sorte de chambre-cheminée utilisées à la fois comme chauffage et comme cuisine. Souvent de cette pièce on accédait par une petite porte au jardin.

LA COUVERTURE, LES PINACLES

Des chiancarelle aux dimensions plus petites terminent le sommet du cône. Elles sont bloquées par le pinacle, élément composé, dans la plupart des cas, par quatre éléments. La première partie est formée par les dernières assises cachées par le mortier et généralement blanchies à la chaux; la seconde, en pierre, est le cannarile : il a une forme cylindrique ou conique ;la troisième, en pierre aussi, est la carrozzola ou scodella, selon la forme ; la quatrième, la cocla, pouvant avoir différentes formes, est souvent une sphère en pierre.
Selon certains spécialistes, les pinacles sont une sorte de “signature" des maestri trullari ( maitres artisans), ou un simple élément décoratif choisi par les propriétaires de la maison. D’après autres, son origine viendrait d’un symbolisme magique primitif. En effet, les formes qui les caractérisent (le disque, la sphère, le cône, la pyramide à base carrée ou triangulaire), dans l’antiquité étaient liées au culte du soleil, pratiqué par les peuples agricoles primitifs et documenté dans les Pouilles jusqu’au premier siècle av. J.-C. Dans les trulli les plus anciens, le cylindre court et le disque disposé horizontalement, sont surmontés par une pyramide légèrement ébauchée, avec une base triangulaire ou carrée. Parfois, la cocla devient une croix ou une étoile, et elle répète les symboles blanchis à la chaux. Parfois, elle est formée par une sphère surmontée par une croix, symbole de la religion chrétienne. En effet, pour ces éléments, ainsi que pour les symboles peints, la valeur symbolique des origines aurait été remplacée, progressivement, par une interprétation religieuse.
Dans les bâtiments les plus récents, le changement du gout esthétique et les techniques plus modernes ont permis le remplacement des formes traditionnelles en sculptures anthropomorphes ou décoratives.

Écrit Tommaso A. Galiani
Traduction par Mariagrazia Panaro